Ici l'ombre. Mais y sont où les De Gaulle de pacotille ? (Pamphlet)

Où sont passés les héros ?

Frédérique DAMAI

4/10/20263 min read

Ici l'ombre. Mais y sont où les De Gaulle de pacotille ?
(Pamphlet)

Eh bien, quand il s'agit de pourfendre le pouvoir russe, coréen (du Nord), iranien ou chinois : ils sont là ! La rage aux lèvres, ils vous déversent plus de fiel qu'il n'est bu de bière à Munich pendant la joyeuse fête. Eh oui, Munich à toutes les sauces.

Ils sont là parce qu'ils ont tous les atouts dans leur manche : l'histoire bricolée, les éléments de langage, la propagande cinquantenaire (pardon, l'information objective), la sécurité d'être majoritaire et l'opportunisme d'avancer dans le sens du vent.

Et comme il se trouve que ces pouvoirs ont fréquemment des comportements de salopards (nous qui n'en n'avons jamais), il y aurait de quoi applaudir si la médaille n'avait pas son revers.

Par exemple, si l'on regarde du côté des autres contrées non occidentales, le De Gaulle girouette est à géométrie variable. Ses capacités de révolte dépendent moins de l'aspect plus ou moins saumâtre de ce qu'il s'y passe que de ce qui s'y vend ou s'y achète.
Mais là, tout va bien, c'est de la realpolitik. Il est intellectuellement honnête comme un arbitre de catch qui tourne le dos à chaque fois qu'il y a quelque chose de malsain à regarder.

En revanche, quand il s'agit des salopards de nos amis, les pouvoirs israéliens et étatsuniens par exemple, pour ceux qui n'auraient pas compris, ce n'est plus la même marmelade. Les héros de papier trouvent subitement que les massacres n'ont pas le même goût.

On les comprend un peu et il est vrai qu'il est assez logique de tuer des enfants qui ont délibérément décidé de vivre avec des Arabes. Pire, ils embrasseront probablement la religion musulmane et ils ont même l'outrecuidance d'être parfois à proximité de terroristes avérés. Au fond, ils n'ont que ce qu'ils méritent.

Vous me direz à leur décharge, qu'ils sont nés dans un pays arabe, de parents arabes, souvent musulmans, et qu'il y a des terroristes qui les utilisent de temps à autre comme bouclier humain.

Oui, d'accord, mais ça, c'est de la sensiblerie. Et la sensiblerie n'est pas la bienvenue quand ce sont les pouvoirs amis qui massacrent. Je propose même que l'on poursuive ceux qui s'en indignent pour intelligence avec l'ennemi : on est en guerre, oui ou merde ! Sauvons la bêtise avec l'ami.

C'est vrai, on n'est pas en guerre, on compte juste les morts et les blessés et on convoque des comités Théodule pour s'occuper.

Revenons-en à nos De Gaulle ? Où ça des nazillons ? Pas vu ?

Ils ne sont pas prêts de franchir l'Atlantique, les stars de la bouillabaisse humaine. Eux dont les étoiles ne viennent pas de leurs képis mais de leurs numéros de contorsionnistes sur les pistes de cirque. Que d'efforts inutiles.

Car on est bien d'accord que les pouvoirs amis sont injustement traités de salopards, alors qu'ils font tout ça pour l'avenir de notre race.
Car on est bien d'accord qu'ils s'en prennent à des pays de sauvages, même pas capables d'offrir des médailles à leurs civils massacrés quand nos amis décorent à grandes pompes les militaires qui les font assassiner.
Car on est bien d'accord que ces enfants seraient sûrement devenus les ennemis de nos enfants parce qu'ils portent le mal dans le code génétique de leur race.

Mes chers De Gaulle en carton-pâte, ne vous fatiguez pas à nous déverser toute cette bave de toutous à sa mémère. On est d'accord avec vous sur tout et on partage les hautes valeurs de votre ignominie.

Petite question à vous qui êtes au pouvoir ou avez un pouvoir d'influence (politiques, journalistes, analystes), de quoi traitez-vous habituellement quelqu'un qui se fait complice de salopards ? Je veux dire des pouvoirs russes, coréens, iraniens ou chinois ?

Merci, c'est le mot que je cherchais à propos des De Gaulle d'apparat.

Ceux qui me connaissent penseront que j'ai un certain culot à convoquer De Gaulle. C'est vrai et je m'en fiche comme d'une guigne que tous ces héros de Panurge n'en suivent pas la trace. En revanche, s'ils pouvaient soit la fermer définitivement, soit l'ouvrir en défendant toujours les mêmes valeurs, quel que soit l'interlocuteur, ce serait top.

Sinon, il existe une autre voie : antiguerre, définitivement, toujours, quel que soit le camp et en toute circonstance.

PS : pour ceux qui ne l'auraient pas compris, ce texte concerne uniquement les pouvoirs, pas les peuples, ces victimes millénaires des salopards.

Frédérique DAMAI
Auteur de "No War, 47 jours d'espoir"